19 Octobre 2015

Données à prendre

Les satellites d’observation de la Terre, comme les Sentinels du programme européen Copernicus, envoient chaque jour des milliers d’images radar ou optiques. Des données qu’il faut traiter, stocker, archiver et distribuer.

 Un clic de souris, et hop, la photo satellite du Népal prise le 29 avril 2015 apparaît sur mon écran. Magie ? Non, ingénierie ! Une image satellite, c’est d’abord une donnée numérique. C’est-à-dire une suite de pixels, de points colorés, pas exploitable en l’état. La première étape consiste donc à lui faire subir différents traitements informatiques, comme l’amélioration des contrastes ou la correction géométrique. Cette dernière consiste à corriger les déformations, dues à l’angle de la prise de vue ou aux reliefs de la Terre. Ainsi, grâce à cette correction, toutes les images du Népal pourront être comparées les unes par rapport aux autres. Pour les données Sentinels, c’est l’Agence Spatiale Européenne (ESA) qui fait ce travail pour le compte de la Commission Européenne.

 Etiquetage

Ensuite, il faut répertorier et rendre accessible ces images. Pour cela, le CNES a créé PEPS (Plateforme d’exploitation des Produits Sentinels), un site Internet qui permet d’accéder aux millions de données fournies par les satellites Sentinels 1, 2 et 3. Toutes les photos y sont indexées, c’est-à-dire que pour chacune d’elle, le CNES indique le lieu de prise de vue, la date, le satellite… à partir des coordonnées géographiques de la zone couverte par l’image. Le but : les classer et les retrouver facilement.

cnesjeunes_donnees.jpg
Cette image de la Mer Baltique, prise par Sentinel-2A à l’été 2015, montre un bateau traversant un « cyclone » de phytoplancton (en vert). © Copernicus Sentinel data (2015)/ESA

 Des millions de milliards

Car des images, il y en a ! Entre 2015 et 2017, les Sentinels 1, 2 et 3 vont produire 7 Pétaoctets de données. Si l’on mettait l’équivalent sur DVD, cela représenterait une pile de 7 fois la hauteur de la Tour Eiffel ! Il faut de la place pour les stocker. Le CNES a donc installé un centre de stockage, protégé et bien au frais dans les sous-sols de ses bâtiments. Les données y sont doublées et stockées sur des bandes magnétiques. Et un super calculateur informatique commandant un petit robot permet de retrouver les images recherchées par l’internaute.
Les utilisateurs de ces données ? Les scientifiques, les agriculteurs, mais aussi les entrepreneurs qui souhaitent développer des applications à partir de ces images.  Et toi aussi, pourquoi pas.


DONNES NUMERIQUES DIVERSES

Les satellites pour étudier et surveiller la Terre ne prennent pas que des images. Cela peut aussi être des données chiffrées, comme des mesures de concentration en gaz, de hauteur ou de température.



MAGNETIQUES OU NUMERIQUES ?

Si les systèmes d’archivage sont informatisés et robotisés, le CNES a toutefois fait le choix de stocker ses données sur des bandes magnétiques. A l’ancienne, quoi ! La première raison est écologique : un disque dur consomme de l’énergie, pas une bande. Ensuite, les bandes se conservent plus longtemps, alors que les disques peuvent s’abimer ou tomber en panne. 


Comment archiver un million de Go de données... par CNES