6 Juillet 2015

Embouteillages en orbite

Aujourd’hui, il y a de plus en plus d’engins spatiaux mis en orbite et aucune règle qui ne régisse l’altitude de fonctionnement. En revanche, des précautions sont prises pour éviter les collisions.
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Les satellites Pléiades, qui ont pour mission d’observer la Terre, évoluent en orbite basse, à 694 km. © EADS Astrium/Master Image Films

Il y a foule là-haut ! Et ce n’est pas prêt de s’arranger. « Si le rythme des lancements reste régulier, environ une centaine par an, le nombre d’engins mis en orbite a, lui, considérablement augmenté ces dernières années., confirme Christian Cazaux, responsable du bureau de conformité à la loi spatiale pour les satellites au CNES. En moyenne, 200 véhicules décollent par an. »  En effet, si par le passé, un seul satellite était envoyé à la fois, un seul lancement peut aujourd'hui en expédier 5 ou 6 d'un coup. Comment cela s’organise-t-il ? Pas de manière si encadrée…

Trois zones d’orbites

Il y a trois zones d’orbite autour de notre planète. Celle des orbites basses, comprises entre 0 et 2 000 km d’altitude, accueille les satellites météo, de téléphonie (en liaison directe avec les téléphones), d’observation de la Terre, des océans, etc. Cette orbite porte environ 400 satellites opérationnels et 2 000 non fonctionnels.

La seconde zone, dite géostationnaire (voir encadré), est située à 36 000 km, (à 200 km près). C’est la zone où évoluent les satellites de télécommunication qui s’appuient sur des stations relais au sol, ceux de télévision et certains satellites météo. Elle accueille aujourd'hui 400 satellites fonctionnels et 250 non fonctionnels. Enfin, la troisième zone orbitale à 20 000 km est dévolue aux satellites de navigation (GPS, Galileo, Glonass…) ; ils sont environ 200 qui évoluent parmi 400 autres objets.

Dégager sur les côtés

Il n'existe aucun organisme central qui attribue les orbites. Chacun choisi son orbite en fonction de  l’usage du satellite ! Du coup, certaines orbites, proches donc plus faciles à atteindre et moins chères à exploiter, sont très chargées. « La plus encombrée est située entre 700 et 800 km d’altitude », détaille Christian Cazaux, « là, il y a une densité de 800 objets pour une surface équivalente à un cube de 50 km de côté. »

Si personne ne gère les orbites, il existe en revanche des règles pour évacuer les satellites en fin de vie de façon à éviter les collisions fatales. Ces règles, établies par l’Inter-Agency Space Debris Coordination Commitee (IADC), imposent soit de renvoyer les satellites dans l’atmosphère terrestre, soit plus loin dans l’espace. Mais elles ne s'appliquent qu'aux deux premières zones d'orbites, qui sont "zone protégées". La troisième est trop récente et trop peu utilisée. Pour l'instant.

L’orbite géostationnaire

Elle se situe à la verticale de l’équateur à 35 786 km exactement. Tout objet en orbite géostationnaire tourne autour de la Terre à la même vitesse que met la Terre pour tourner sur elle-même. Cela signifie qu’un satellite géostationnaire reste toujours à la même position par rapport au sol. Il observe toujours la même zone et l'on communique avec lui via des antennes fixes.

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