1 Mars 2016

Imagerie satellite : avec le CNES, la recherche crée de nouvelles applications

Les images satellite peuvent révéler de nombreuses informations sur le littoral et son évolution. Avec le soutien du CNES, des chercheurs développent leur exploitation, et créent même des entreprises dédiées.

Installée aux portes de Bordeaux, la jeune entreprise i-Sea propose depuis août 2014 des solutions d’observation et de diagnostic des littoraux à l’aide de données satellite notamment. « En plus des relevés terrain et des photos aériennes, nous utilisons toutes sortes d’images optiques et radars issues de satellites comme Pléiades, SPOT, TerraSAR-X, Sentinel-2 », explique Virginie Lafon, océanographe et co-fondatrice de i-Sea. 

Ces données permettent à l’entreprise de suivre la qualité de l’eau, la biodiversité et l’érosion du littoral. Pour évaluer ce dernier, par exemple, i-Sea suit l’évolution du trait de côte, c’est-à-dire la limite entre la terre et la mer. L’entreprise exploite ainsi les images des satellites Pléiades, très précises, pour identifier le pied de dune, le pied de falaise ou la limite de végétation. 

« Grâce à des images prises plusieurs années auparavant, nous pouvons aussi remonter dans le temps et constater l’évolution du trait de côte », indique l’océanographe.

Un autre indicateur de cette limite est obtenu grâce à la bathymétrie littorale (la profondeur de l’eau près des côtes). Mais pour la mesurer, i-Sea n’utilise pas de relevés sur site ou aériens. Elle privilégie les images satellites, moins chères, dont les variations de couleur révèlent le niveau de transparence, donc la profondeur.

Le CNES en soutien

Ces savoir-faire résultent de plusieurs années de recherche au sein de Géo-Transfert, une structure de l’ADERA adossée à l’Unité Mixte de Recherche (UMR) EPOC, commune à l’Université de Bordeaux et au CNRS. Depuis 2009, les océanographes, dont Virginie Lafon, y utilisent les images satellite pour étudier le littoral. Certaines de ces études ont été financées par le CNES à travers des programmes comme ORFEO Pléiades, KALIDEOS et le TOSCA. Delphine Fontannaz du service Analyse et Produits Image du CNES explique : « nous aidons des projets de recherche qui utilisent l’image satellite et qui peuvent déboucher sur des services opérationnels ». Un objectif atteint avec i-Sea, créée par Virginie Lafon et quatre de ses collègues de Géo-Transfert.

Littoraux de France et d’ailleurs

La clientèle d’i-Sea s’élargit. Elle compte par exemple des cités balnéaires telles que Biscarrose (Landes) qui doivent préserver leur plage et donc connaître l’évolution de leur trait de côte. Si au cours d’un hiver, les plages perdent trop de sable, les autorités peuvent en amener par camion. Mais ces opérations onéreuses sont réalisées avec parcimonie, et si possible, elles doivent être anticipées. L’Agence de l’eau Adour Garonne et l’Ifremer ont également commandé à l’entreprise la réalisation de la cartographie des herbiers de zostères naines du Bassin d’Arcachon. L’évolution de ces « prairies sous-marines » délivre des informations sur la qualité des eaux. Preuve encore de l’intérêt de ces analyses littorales basées sur l’image satellite, l’entreprise vient de signer un accord avec Airbus Defence & Space pour vendre ses services à l’étranger.

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