22 Août 2018

MASCOT – Pour la science

Mascot se posera en octobre sur MA-9, une zone de l’astéroïde Ryugu. Un petit coin de paradis pour les scientifiques ! Le petit engin spatial, développé par les agences spatiales française et allemande, y mènera en effet plusieurs expériences à plus de 300 000 millions de km de la Terre.

Ca y est, le site de largage du petit atterrisseur a été choisi : en octobre, Mascot sera largué au-dessus d'une zone appelée MA-9. Le choix de ce site n’est pas un hasard : c’est là où, techniquement, il sera plus simple pour Mascot de se poser sans encombres. Et c’est là également que le sol est riche en promesses scientifiques. En effet, une fois posé sur son rocher spatial, Mascot va mener des expériences. L’engin, qui ressemble à une boite de chaussures, dispose de 4 instruments scientifiques : un magnétomètre pour mesurer le champ magnétique, un radiomètre pour la température à la surface, une caméra, et un microscope infrarouge (baptisé micrOmega) qui va déterminer la composition de chaque poussière d’astéroïde qu’il observera.

C'est le site MA-9 qui a été choisi. Les points bleus représentent tous les endroits où Mascot pourra se trouver après ses rebonds. ©JAXA, University Tokyo, Koichi University, Rikkyo University, Nagoya University, Chiba Institute of Technology, Meiji University, University of Aizu, AIST

Témoins du passé

Le but ? Mieux comprendre la formation de notre Système solaire. Les astéroïdes comme Ryugu se sont formés en même temps que le Soleil et les planètes il y a plus de 4,5 milliards d’années. Mais, contrairement aux planètes, ceux-ci ont peu évolué. Ils « gardent en mémoire » la composition initiale du Système solaire. 

Les expériences scientifiques ont d’ailleurs déjà commencé. La sonde japonaise Hayabusa2, qui doit larguer Mascot, est arrivée près de l’astéroïde fin juin. Depuis, elle l’analyse, à distance, avec différents instruments. Les scientifiques pourront en déduire sa masse, son âge, sa densité ou encore certains des matériaux qui se trouvent à la surface.

Quelques milligrammes de matière extraterrestre

Hayabusa2 va ainsi observer Ryugu jusqu’en 2019, avant de repartir vers la Terre et y expédier, en 2020, une petite capsule hermétique contenant quelques milligrammes de l’astéroïde. Des poussières extra-terrestres qui seront analysées dans des laboratoires hyper sophistiqués. Et qui permettront d’en apprendre davantage sur la formation des planètes. De plus, les scientifiques connaîtront l’environnement dans lequel les échantillons ont été prélevés, grâce aux photos prises par Hayabusa2. Ce qui facilitera leur étude. 

Mais il faudra être patient. Les échantillons n’arriveront sur Terre qu’en 2020. Puis l’étude de toutes les données prendra encore de nombreuses années. Pour l’heure, ingénieurs et scientifiques se concentrent sur la prochaine étape, l’atterrissage de Mascot sur Ryugu. Une étape à hauts risques, à suivre dans nos prochains épisodes.


Jumelage

Si les missions d’exploration spatiale sont financées par un pays ou un groupe de pays, les connaissances scientifiques qui en résultent concernent les scientifiques du monde entier. Hayabusa2 a ainsi été jumelée avec une mission américaine, Osiris-Rex, qui doit aussi ramener des échantillons d’un autre astéroïde appelé Bennu. Un accord a été passé : la NASA, l’agence spatiale américaine, a prêté  à son homologue japonaise des antennes, pour la sonde. En retour, 10 % des échantillons de Ryugu seront transmis aux Américains.

Osiris-Rex, la sonde américaine, doit rapporter sur terre des échantillons de l’astéroïde Bennu. © NASA's Goddard Space Flight Center

Pour aller plus loin

Comment ont été présélectionnés les sites d'atterrissage possibles pour Mascot ? Réponse en vidéo avec Laurence Lorda, responsable de l'équipe CNES en charge de la trajectoire de Mascot : https://twitter.com/CNES/status/1031969935558406144/video/1