16 Décembre 2016

As-tu pris ton Galileo ?

Bientôt, nous ne dirons plus "As-tu pris le GPS ?" mais "As-tu pris le Galileo ?". L’Europe déploie une constellation de satellites, qui permettront de se localiser, partout sur Terre et de régler nos montres au 10 milliardièmes de seconde près !

Aujourd’hui, la navigation par satellite est très répandue. Nos voitures et nos téléphones sont quasiment tous équipés d’un GPS. Eh bien GPS, qui signifie Global Positionning System, c’est le système de navigation par satellite, développé par les Etats-Unis. Les Russes et les Chinois également en ont un, respectivement GLONASS et BeiDou. Désormais, l’Europe possède son propre système (compatible avec les autres) : Galileo. Cela permet d’être indépendant. Et aussi plus performant. Grâce à ses 24 satellites, Galileo permettra de se situer partout sur Terre, à un mètre près. C’est 10 fois mieux que le GPS.

Fin 2016, 15 satellites sur 24 sont en orbite. Nous pouvons donc déjà utiliser ce système, qui ne sera toutefois totalement efficace qu’en 2020. Galileo est accessible gratuitement. Il faut juste s’équiper d’une puce compatible. Le grand public pourra l’utiliser pour ne pas se perdre en montagne ou sur la route des vacances. Mais les professionnels aussi sont très intéressés, pour guider des cargos en mer ou gérer le trafic des trains et des camions. Un service, payant, leur permettra de se situer encore plus précisément, à quelques centimètres près.

A 10 milliardièmes de seconde près !

Le fonctionnement de Galileo repose en partie sur la mesure du temps. A bord de chaque satellite se trouve une horloge atomique ultra-précise, une technologie complexe mais que les ingénieurs européens maitrisent bien. Du coup, de nombreux professionnels vont pouvoir utiliser Galileo, non pas pour se positionner, mais pour avoir une mesure du temps extra fiable. A 10 milliardièmes de secondes près ! Qui ? Les banques, les assurances ou même les organismes chargés de distribuer l’électricité.

De plus, le signal émis par les satellites pourra être en partie crypté, c’est-à-dire brouillé. Seuls certaines personnes auront le code pour le déchiffrer. Ce service sécurisé, géré par les gouvernements européens, pourra servir à la police ou à l’armée.

Aider les secours

Enfin, les satellites possèdent 2 antennes : l’une pour la navigation (le gros disque dorée), l’autre pour aider les secours. Galileo va en effet contribuer fortement à Cospas-Sarsat, un système de sauvetage mondial. Jusqu'à présent, ce système utilisait des satellites qui se trouvaient à basse altitude. Mais quand vous aviez un problème en montagne par exemple, il fallait attendre qu’un satellite passe au-dessus de vous pour vous localiser. A 23 000 km d’altitude, les satellites Galileo vont « voir » une plus grande zone. Et permettre aux équipes de recherche et aux secours d’être plus efficaces.


Le programme Galileo est financé par l’Union Européenne. Mais les agences spatiales jouent un rôle important. L’ESA (agence spatiale européenne) a notamment conçu les satellites et toute l’architecture du système (les antennes et les centres de contrôle, au sol). Les ingénieurs du CNES (agence spatiale française) ont travaillé sur la qualité des signaux et gèrent la phase de mise en orbite, après le lancement, des satellites.

Aujourd’hui, 18 satellites ont été lancés. L’un est tombé en panne et deux ne se trouvent pas à la bonne altitude. En 2020, les 24 satellites seront prêts à fonctionner (plus 6 en réserve, en orbite, au cas où l’un des 24 autres tombait en panne).