31 Mars 2014

EGNOS, le GPS sans faille

Le système européen EGNOS permet d’affiner le positionnement par GPS et de le rendre beaucoup plus fiable. Résultat : une géolocalisation par satellite plus précise et sans erreur. Un dispositif bientôt indispensable, en particulier aux pilotes d’avion et d’hélicoptère.

Quand on recherche un itinéraire sur le navigateur de la voiture ou que l’on se repère sur Google Maps avec un smartphone, c’est une puce GPS qui entre en action !


Le GPS, pour Global Positioning System, est un système américain de géolocalisation mondiale qui fonctionne à l’aide d’une constellation de satellites (environ 30 aujourd’hui).

Suffisant dans bien des situations, ce système présente cependant quelques failles. C’est notamment pour les corriger que l’Europe a initié le projet EGNOS* dans les années 90.

Opérationnel depuis 2011, ce EGNOS améliore la précision et la fiabilité du positionnement GPS dans toute l’Europe.

Terminologie


* EGNOS est l’acronyme de European Geostationary Navigation Overlay Service, c’est-à-dire “ Service Européen de Navigation par Recouvrement Géostationnaire ”.

Une grande précision


« Le signal GPS n’offre qu’une précision officielle garantie de 10 mètres en zone dégagée quand EGNOS affiche une précision moyenne d’un mètre »
, affirme Didier Flament, chef de projet EGNOS à l’agence spatiale européenne (ESA).

En ville, le positionnement GPS est plus précis car il est assisté par des cartes qui corrigent les erreurs. Mais en rase campagne, aucune rue, ni aucun bâtiment ne permet d'ajuster rapidement sa position. Selon l’ingénieur : « Le système GPS actuel nécessite en moyenne 10 à 30 minutes pour rétablir les bonnes données en cas de disfonctionnement d’un satellite ». De quoi faire fausse route pendant quelques kilomètres…

Avec EGNOS, fini ce genre d’incident car il fonctionne en temps réel, en continu, avec une alerte en moins de 6 secondes, et sans carte.

100 % fiable

Pour réaliser cette prouesse, EGNOS s'appuie sur 40 stations européennes au sol, qui captent les signaux de toute la constellation GPS. Elles transmettent ensuite ces données à 4 centres de contrôles européens qui en affinent la précision. Ces données améliorées sont ensuite envoyées aux récepteurs des utilisateurs d’EGNOS, tels les pilotes d'avion, via une constellation de 3 satellites géostationnaires européens.

Toutes ces tâches sont automatisées avec une fiabilité extrême.

Didier Flament confirme : « depuis 5 ans, le système n’a commis aucune erreur. Un zéro faute ! ».

Super copilote


Grâce à cette fiabilité, EGNOS permet d’utiliser la géolocalisation par satellite pour la navigation aérienne, en randonnée, dans l’agriculture, par exemple.

En particulier, le système simplifie et sécurise les phases d’approches des avions équipés.
Un progrès de taille quand on sait qu'aujourd'hui, les pilotes doivent effectuer des manœuvres délicates pour capter les signaux radios.


A terme, EGNOS devrait même permettre d’effectuer des atterrissages entièrement automatiques. Et une fois couplé au futur système global de géolocalisation européen Galileo, qui va compléter le système GPS, EGNOS devrait atteindre une précision de l’ordre de 10 cm. De quoi permettre de nouvelles applications, comme la signalisation des trains ou le guidage efficace et rapide des secours en montagne ou dans un immeuble en flamme…

Didier Flament en est convaincu : « Les applications futures sont très nombreuses. »

Le rôle du CNES

Le CNES et la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) ont lancé les premières études pour le concept EGNOS en 1990. Aujourd’hui, le CNES participe, en coopération avec l’ESA, aux études des évolutions du système. Il apporte aussi son expertise aux informaticiens qui développent ces applications.

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