2 Avril 2014

Des satellites archéologues

Avant, les archéologues devaient explorer des monticules d’archives poussiéreuses et déblayer des tonnes de terre pour localiser des vestiges. Cela pouvait prendre des mois, voire des années. Ils furent rapidement aidés par la photographie aérienne. Aujourd’hui, ils disposent en plus d’une arme de détection massive : les images satellites.

Dès les débuts de l’imagerie spatiale, dans les années 1970, l’archéologie s’est intéressée aux images de la Terre vue de l’espace.

Un sérieux coup d’accélérateur a été donné durant les années 2003 et 2004 au cours desquelles Sarah Parcak, archéologue américaine, a identifié plus d’une centaine de sites en Egypte grâce aux images satellites fournies par la NASA.

Elle a notamment localisé l’emplacement d’une ville datant du temps des pyramides, soit près de 3 000 ans avant J.-C. !

Pour ses travaux, l’archéologue a utilisé différents types d’images.

 

La Terre sous toutes les coutures

« En archéologie, on exploite des images optiques, infrarouges et même radars », explique Luc Lapierre, ingénieur du CNES et président de l’association Archéo-Cartographie Toulouse (ACT).

Chacune offre des données spécifiques.

Avec les images optiques, les archéologues visualisent de grandes surfaces sur lesquelles ils peuvent identifier des formes géométriques révélatrices de vestiges comme des parcelles ou des voies romaines.

Les images infrarouges livrent notamment des informations sur la densité de la végétation.

« Parce qu’elle se développe moins bien sur des ruines ensevelies, elle est un indice de la présence d’anciennes constructions », précise l’ingénieur.

Enfin, les images radars détectent des vestiges enfouis dans le sol et peu identifiables en surface.

Elles ont par exemple permis de localiser les restes de la mythique cité d’Ubar, enfouies sous les sables du désert de la péninsule arabique.

Tous aux satellites !

« Depuis les premiers travaux de Sarah Parcak, les découvertes réalisées grâce aux images satellites se sont accentuées », confirme Luc Lapierre.

 

En étudiant les données satellites, les archéologues parviennent à déceler aujourd’hui les traces de monuments datant de l’Egypte antique, d’anciennes voies romaines en France ou encore de temples cambodgiens disparus.

Il faut dire que nombre d’images spatiales sont aujourd’hui accessibles à tous.

Il est possible d'acheter les images de SPOT 5, satellite réalisé notamment par le CNES et embarquant des instruments de prises de vue HRS (haute résolution stéréoscopique).

Leurs successeurs, les satellites Pléiades, lancés en 2013, offrent des données encore plus détaillées.

Mêmes les images en accès libre sur Internet, comme celles de Google Earth, sont des sources d’informations utiles aux archéologues.

La vérité du terrain

Les images satellites ne sont pas l’unique source d’information, comme le souligne Luc Lapierre : « les archéologues les combinent avec des cartes, des images aériennes (optique, radar ou lidar), des recherches documentaires, des prospections et des fouilles sur le terrain ».

Mais, avec l’imagerie satellite, de nouveaux sites sont plus vite repérés, et protégés.

 

Cette animation vous permettra d'explorer certains sites archéologiques.

Découvrez, zoomez, identifiez... et entrez dans la peau d'un archéologue.

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