12 Février 2015

Rosetta apprivoise "Chury"

Ce 14 février, la sonde européenne Rosetta va frôler la comète Churyumov-Gerasimenko, alias "Chury”. Après sept mois en orbite, déjà très riches en observations, Rosetta va ainsi effectuer des mesures inédites.
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Image NAVCAM de la comète prise le 6 février à une distance de 124 km © ESA/Rosetta/NAVCAM – CC BY-SA IGO 3.0

Depuis plus d'un an, la mission Rosetta enchaîne les exploits. En août 2014, Rosetta est la première sonde à se mettre en orbite autour d'une comète puis, 3 mois plus tard, Philae atterrit à sa surface.

Le petit robot a pu photographier et analyser le sol de "Chury" avant de se mettre en sommeil. De son côté, la sonde Rosetta n'a pas chômé non plus !

Et ses premiers résultats permettent déjà aux scientifiques de confirmer ou… non, leurs hypothèses concernant les comètes.

Les premières analyses de sa surface confirment que Chury doit abriter les molécules organiques qui pourraient être à l'origine de la vie : hydrogène, oxygène, carbone et, surtout, un peu d'azote, qui est le 4e élément nécessaire à la vie organique. "Tous les éléments qui permettraient la création d'une molécule complexe sont là,” confirme Philippe Gaudon, chef du projet Rosetta au CNES.

L'eau présente sur Chury ne possède pas les mêmes caractéristiques que celle de la Terre. Impossible donc, de confirmer que l'eau sur Terre vient des comètes qui l'auraient percutée peu après sa formation. Toutefois, rien n'est exclu : d'autres types de comètes, nées plus près de la Terre que “ Chury ”, ont aussi percuté notre planète…

Rosetta a repéré de très gros débris en orbite autour de la comète. Ces grosses poussières mesurent jusqu'à un mètre et elles se seraient détachées de "Chury" lors de son précédent passage près du Soleil, il y a 6 ans.

Comment ces corps de grande taille mais certainement peu denses ont ils résisté depuis aux dégazages de la comète et à la chaleur du Soleil ?

"Chury" a la chair de poule. Sa surface est parsemée de petits monticules, causés par des bulles qui se formeraient à quelques mètres de sa surface. Ces bulles de gaz pourraient presser la surface jusqu’à la faire craqueler ou la faire exploser.

L’activité de Chury semble aussi irrégulière et mal répartie : son "cou", c'est-à-dire sa partie la plus fine, comporterait moins de roches et plus de glaces (eau, gaz carboniques) que le reste de son corps. En tout cas, c’est par là que la comète dégaze le plus.

"Cela va nous prendre, des mois, voire des années, pour comprendre comment est faite Chury et comment elle évolue, admet Philippe Gaudon. Nous sommes encore loin du pic d'activité de la comète, [la périhélie, le passage au plus près du Soleil doit avoir lieu le 13 août, à 186 millions de kilomètres du Soleil – NDLR] et on va voir encore beaucoup de choses d'ici-là. Ce serait chouette de voir de gros grains se soulever, chauffés par le Soleil, voire assister à une « explosion » à la surface ! ”