11 Mars 2015

Philae va-t-il se réveiller?

En novembre dernier, Philae, l'atterrisseur de la mission européenne Rosetta, s'est posé sur la comète Churyumov-Gerasimenko, alias ”Chury”. Mais, coincé à l'ombre d'un rocher, il s'est mis en sommeil faute d'énergie. Va-t-il se réveiller ?
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Rosetta scrute “ Chury” en détail. Mais aucune trace de Philae… © ESA/Rosetta/MPS for OSIRIS Team MPS/UPD/LAM/IAA/SSO/INTA/UPM/DASP/IDA

Les scientifiques ne savent pas exactement où Philae a atterri. Les images qu'il a pu prendre après son rebond sur la comète ont toutefois montré qu'il se trouve à l'ombre d'un rocher. Cette position ralentit la recharge de ses batteries solaires, mais les responsables du SONC, le centre des opérations scientifiques et de navigation du CNES, qui programme l'activité de Philae, pensent qu'il devrait se réveiller entre mars et avril, quand la comète sera assez proche du Soleil.

“ Chury ” suit en effet une trajectoire qui la rapproche du Soleil, dont elle sera au plus près en août 2015. L'axe de rotation de " Chury " étant incliné comme celui de notre planète, comme sur Terre, la saison va changer.

Ce sera bientôt le printemps puis l'été, sur l'hémisphère sud de la comète, où Philae doit se trouver. Mais comme on ignore le relief et la hauteur des rochers qui l'entourent il est impossible de savoir avec précision de quel ensoleillement il bénéficie.

Si Philae a pu résister aux très basses températures subies depuis novembre, dès qu’il sera assez chaud, il va se réveiller tout seul, et à ce moment-là nous pourrons le télécommander ”, assure cependant Philippe Gaudon, chef de projet Rosetta au CNES. Les ingénieurs du CNES préparent déjà les mesures et les expériences que le petit robot pourra alors mener : photographies, mesures de températures, de magnétisme etc.

Surtout, ils espèrent que Philae aura assez d'énergie pour réaliser un forage du sol. “ Cela permettrait d'avoir une analyse fine de la composition de la comète, et donc de la présence éventuelle de molécules qui pourraient permettre la vie ”, espère Philippe Gaudon.
Patience…